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Le verset du jour

 

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réflexion du 26 août 2014
 
« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes, vous décorez les tombeaux des justes, et vous dites : “Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.” Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes « (Matthieu 23, 29-31).

La lecture suivie de l’Évangile selon saint Matthieu au cours des derniers jours nous propose un visage de Jésus sévère et parfois difficile à saisir. Nous sommes bien loin, en tout cas, de la figure du Bon Pasteur ou du Maître qui s’attendrit en prenant les petits enfants dans ses bras! Dans ce passage, Jésus entre en confrontation avec les autorités religieuses de son époque. Ces savants se permettent de juger de haut et d’imposer leurs interprétations moralisatrices des Écritures. Ils s’érigent en gardiens des tombeaux des prophètes du passé, comme pour montrer qu’ils sont leurs dignes descendants. Mais ils se font passer un savon par Jésus quant à la congruence entre leurs attitudes intérieures et leur piété. Ils prétendent que si les Isaïe, Amos, Osée ou Ézéchiel avaient vécu en leur temps, ils n’auraient pas été complices de ceux qui les ont rejetés. Or, selon Jésus, leur justice est loin de s’approcher de ce que les prophètes ordonnaient au nom de Dieu!

Aujourd’hui encore, un grand nombre de croyants et de croyantes, de toutes les religions, semblent se draper dans la certitude d’avoir Dieu de leur côté tout en accomplissant des actes qui ne s’accordent pas avec leur foi. Toutes les formes de violence à l’encontre des populations faites « au nom de Dieu » seraient sans doute dénoncées par Jésus qui pourrait traiter ces croyants d’hypocrites! Agir au nom de Dieu, de son Fils ou de son Prophète implique une première exigence incontournable : la conversion permanente du disciple. Dès que celui-ci se sent saisi d’une certitude qui lui permet de juger, condamner, rejeter, blesser ou tuer autrui, il est fort probable qu’il n’est plus dans cette attitude d’humilité et de reconnaissance devant l’amour scandaleux de Dieu qui se manifeste dans sa miséricorde. Ainsi donc, toutes les vénérations de lieux sacrés, toute la connaissance des livres sacrés ou toutes les affiliations à des personnages sacrés ne procureront jamais à elles seules la justification de nos actes, car seuls la bienveillance de Dieu et son pardon gratuit nous ouvrent les portes de son Royaume. Et seules notre bienveillance à l’égard des autres, en particulier des plus petits, et notre capacité d’aimer et pardonner peuvent nous rendre justice devant tous les vrais prophètes du passé.  

 

 

Jocelyn Girard, agent de pastorale

Réflexion précédente :

Réflexion du 23 juin 2014