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Le verset du jour

 

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réflexion du 18 novembre 2014
 

« Quand Jésus fut près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle ; il disait : « Si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix ! Mais hélas, cela est resté caché à tes yeux. Oui, il arrivera pour toi des jours où tes ennemis viendront mettre le siège devant toi, t'encercleront et te presseront de tous côtés ; ils te jetteront à terre, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le moment où Dieu te visitait » (Luc 19, 41-44).

Ayant choisi d’emprunter « la voiture du peuple » (un âne) plutôt que la limousine d’un chef d’État (par exemple un cheval blanc), Jésus n’en est pas moins acclamé par la foule le long du chemin qui le conduit aux portes de Jérusalem. Anticipant le jour de sa destruction complète (qui sera chose faite par les Romains en 70), il se met à pleurer sur la ville. Pourquoi pleure-t-il? Sans doute parce qu’il a échoué! Lui qui est accueilli comme le Messie, qui est vu comme le Sauveur du peuple, qui est attendu comme un grand révolutionnaire devant botter les fesses de l’Occupant, ce Jésus de Nazareth, après avoir marché de villages en villages pour y annoncer le Règne de Dieu, constate qu’il a raté sa mission. La preuve en est la méprise flagrante du peuple qui confond la royauté toute humaine avec celle que Dieu veut instaurer. Imaginons son malaise profond devant le triomphe qu’on lui fait alors qu’il a voulu simplement aimer, à la manière de son Père, d’un amour tel qu’il transforme les êtres en véritables humains, faits pour l’amour, la vérité, la paix et la justice plutôt que pour la haine, le mensonge, la violence et l’égoïsme. Il a cette conscience d’être pour son peuple l’Envoyé de Dieu lui-même, mais Jérusalem, la ville sainte, chérie par l’Éternel, n’a pas su reconnaître son passage. On connaît la suite : arrivé au Temple, Jésus en chassera les vendeurs et les changeurs qui en ont fait un repaire de corruption. Sa prédication deviendra plus mordante. Il sera incessamment pris et condamné, ayant déçu les attentes du peuple désormais retourné contre lui.

Jérusalem, comme toutes les grandes villes du monde, se devait d’être un lieu d’inclusion, de partage, d’entraide. Le travail devait servir l’humain et non pas l’aliéner. L’argent devait être distribué pour servir et non pour asservir. La justice devait être rendue équitablement. Les responsables se devaient d’être là pour le bien commun et non pour leurs propres intérêts et encore moins pour ceux d’une quelconque oligarchie. Cette organisation socio-politique est contraire au projet d’amour de Dieu. Elle conduit intrinsèquement à sa propre destruction, comme toutes les civilisations qui se sont effondrées les unes après les autres. Et cette manière de faire est toujours à l’œuvre aujourd’hui dans nos sociétés. À nous aussi il est donné de reconnaître que Dieu vient nous visiter. En ce moment favorable, nous sommes pressés de changer nos cœurs pour devenir de véritables humains, à son image et à sa ressemblance. Mais que restera-t-il de notre civilisation dans quelques décennies ?

 

Jocelyn Girard, agent de pastorale

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 11 novembre 2014