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« Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur »
Marc 7, 20-23.
La religion est-elle la cause des inégalités, du mauvais traitement envers les autres, notamment des femmes, de la haine, des violences, des assassinats ou du terrorisme? À croire certaines positions que nous pouvons lire ou entendre ces jours-ci, nous pourrions nous laisser convaincre qu’il en est ainsi. Pourtant, nous trouvons dans les différentes sources religieuses des bijoux de textes comme celui du jour. Ici, Jésus renverse la vision de la religion comme instrument de peur et de domination. Il rejette formellement la perception que ce serait ce qui « entre dans l’homme » qui le rend « impur ». L’impureté, dans la plupart des religions anciennes, était un état empêchant l’entrée au temple et donc tout lien avec le divin. Cela se produisait lorsque l’être humain avait transgressé un interdit, ingéré un aliment tabou, pris avec lui un objet relié à une autre divinité ou s’était laissé aliéner par une influence externe. Tout cela peut faire partie de ce qui « entre dans l’homme ». Il déclare que cela ne peut pas provoquer l’impureté. Au contraire, c’est ce qui sort de son être, de ses pensées, de sa bouche, de son regard, ce qu’il manifeste par ses gestes (ou ses omissions), qui le rendent impur et donc en rupture avec Dieu. L’impureté prend davantage un sens moral et spirituel que rituel.
Il doit en être ainsi pour la religion elle-même. Selon la logique de Jésus, elle n’est pour rien dans les manifestations de domination d’un sexe sur l’autre, de haine d’une ethnie envers une autre ou de violences contre toute vie humaine car ce serait là faire affront à Dieu lui-même, créateur et libérateur des humains. Si elle n’y est pour rien, c’est donc que le cœur humain est en quête d’appuis externes pour justifier toutes ces perversions qu’il génère en son être profond. La religion, à l’instar de toute pensée idéologique, si elle ne met pas au sommet de ses valeurs la dignité humaine et le respect de la vie, peut lui fournir cet appui. Elle devient alors, pour l’adepte, un instrument d’asservissement de soi et des autres plutôt qu’une orientation de tout son être vers le bien.

Réflexion précédente :
Réflexion du 3 février 2015
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