Qui d’entre nous ne désire pas la paix? Qui ne cherche pas activement à la faire exister dans sa propre vie? N’est-ce pas une aspiration fondamentale qui unit tous les humains? Jésus est en fin de parcours et il le sait bien. Il lègue à ses disciples des paroles qui leur permettront de méditer les jours où il ne sera plus auprès d’eux. Et au-delà des mots, il leur laisse la paix. Mieux, il leur donne sa paix!
Le Christ prend la peine de faire la distinction entre la paix « à la manière du monde » et la sienne. Il donne même un critère d’authenticité: notre cœur ne doit pas être bouleversé ni effrayé. Il est plutôt rare que j’arrive à ressentir une telle paix. En fait, ça doit se compter en minutes dans toute ma vie! Pourquoi en est-il ainsi? Est-il possible que je ne sois pas capable de la recevoir telle qu’elle m’est offerte? En prime, avec la paix qu’il offre, Jésus envoie son Esprit Saint. Plutôt que d’un simple extra, ne s’agirait-il pas d’un préalable? Pour être en paix à la manière de Jésus, en effet, ne faut-il pas aussi recevoir de sa part le don de son Esprit?
Si je contemple les minutes de ma vie où j’ai été en paix, je vois alors le calme dans l’agitation, la sérénité dans les tensions, la confiance dans les moments d’inquiétude. C’est avec certitude qu’en ces occasions je crois m’être d’abord abandonné dans la puissance de l’Esprit du Dieu vivant! Alors plutôt que de vouloir bâtir la paix à la manière du monde, une paix qui n’est jamais sans « dommages collatéraux », il me reste à la recevoir comme un don divin qui s’installe « au cœur de moi » et qui, de ce lieu sacré, peut jaillir autour de moi. Mon cœur, ce soir, n’est ni bouleversé ni effrayé. Est-il possible que cet instant de paix ajoute quelques minutes à celles que j’ai déjà vécues?