L’événement célébré par l’Église, le jour de la Pentecôte, est tellement important qu’il est difficile de ne pas en parler. Dans les Actes des Apôtres, Luc lui donne une coloration très particulière. La résurrection de Jésus a déjà bousculé les disciples, mais ils restent enfermés dans la chambre haute, enfermés dans leur peur d’affronter le monde et la violence qui se sont si fortement opposés à Jésus et à son enseignement. Ils prient en attendant la réalisation d’une promesse faite par Jésus : le don de l’Esprit. Alors que la communauté juive célèbre la Pentecôte, la commémoration de l’alliance du Sinaï, voici qu’un événement grandiose se passe du côté des disciples de Jésus. Luc le fait comprendre avec les mots utilisés dans l’Exode pour raconter l’alliance du Sinaï: le bruit, le violent coup de vent, les langues de feu qui se déposent sur chacun… Avec une conclusion : « Tous furent remplis d’Esprit Saint… ».
L’Esprit Saint n’apparaît pas dans une forme particulière. Pour le connaître, il faut simplement considérer les effets qu’il génère dans ceux qui en sont remplis. L’Esprit fait du bruit, il manifeste suffisamment fort pour qu’une foule se rassemble là où sont rassemblés les disciples. L’Esprit se manifeste comme un souffle puissant. Les portes closes volent en éclat et les disciples se voient poussés hors de leur lieu de retraite et envoyés sur les routes du monde. La peur n’a plus de place en eux ! Ils osent affronter le monde auquel ils voulaient échapper. Enfin, l’Esprit est comme un feu brulant qui enflamme le coeur des disciples. Il est ce moteur intérieur qui va faire de ces hommes et femmes apeurés, des témoins de la parole de Jésus, une parole qui va enflammer le monde et le transformer peu à peu.
Le jour de la Pentecôte de l’année 30 ou 31, l’Église ou la communauté des disciples de Jésus est née et n’a cessé de poursuivre sa croissance sous les impulsions de l’Esprit Saint qui en est le moteur principal. Bientôt deux mille ans nous sépareront de cet événement-là. L’Église est toujours là et l’Esprit continue son oeuvre. Une seule question : va-t-il pouvoir encore compter sur nous ? sur toi? sur moi?