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Le verset du jour

 

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réflexion du 10 novembre 2015
 

« Écoutez donc, ô rois, et comprenez ; instruisez-vous, juges de toute la terre. Soyez attentifs, vous qui dominez les foules, qui vous vantez de la multitude de vos peuples. Car la domination vous a été donnée par le Seigneur, et le pouvoir, par le Très-Haut, lui qui examinera votre conduite et scrutera vos intentions » Sagesse 6, 1-3.

Le pouvoir implique une reddition de compte, c’est ce qu’il faut comprendre de ce passage. Pour un juif ou un chrétien, tout vient de Dieu et rien de ce qui existe ne peut lui être caché. Le pouvoir (la royauté) est délégué à son détenteur qui a pour mission d’accomplir la justice en prenant en compte les exclus, les pauvres, les handicapés – ce qui n’est autre que le projet de Dieu. Les sujets du royaume disposaient donc, avec la Torah, de l’équivalent d’une charte des droits et libertés à laquelle se référer pour interpeller leur roi!

Aujourd’hui, dans un monde laïque et surtout sécularisé, l’idée que tous les pouvoirs civils et politiques tirent leur origine de la volonté de Dieu lui-même n’est plus dans les esprits. Même si notre hymne national et notre constitution remettent à Dieu ce rôle suprême, il n’est pas possible de dire à notre nouveau premier ministre que « sa domination » lui vient du Seigneur!

Pourtant, cette affirmation de foi constituait un contre-pouvoir inégalé à des époques où la tyrannie de certains despotes menait à des violences excessives contre leur peuple. L’Église – même si elle-même ne s’est pas toujours montrée à la hauteur – avait le devoir et le pouvoir d’interpeller les rois dont les comportements et les lois allaient à l’encontre du bien commun.

Aujourd’hui, où trouve-t-on ces contre-pouvoirs? Qui peut se permettre d’examiner la conduite et les intentions de nos gouvernants? L’ONU? Le G7 (ou 8 ou 20)? Il semble plutôt que ce soit les conglomérats des grandes multinationales et leurs alliées naturelles, les grandes banques, qui ont usurpé le droit « d’examiner la conduite et les intentions » des gouvernements sur toute la planète! Et ils le font non pas avec une grille de lecture qui inclurait, au premier chef, la mesure de la justice promue et vécue en vérité, mais plutôt la mesure de l’argent que les actionnaires peuvent continuer à extirper des peuples soumis aux lois de supra-domination économique!

Si tous les humains avaient suffisamment confiance dans leur jugement et s’ils se laissaient interroger sincèrement par leur conscience, peut-être trouveraient-ils le courage, ensemble, de défier, au nom de la dignité humaine, les chefs d’État dont les conduites favorisent certains privilégiés aux intentions douteuses. Il est fort à parier, alors, que nous vivrions encore de nouveaux printemps, comme celui de 2011.

 

Jocelyn Girard, agent de pastorale

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 3 novembre 2015