En plein sabbat, jour de repos imposé par sa religion, Jésus se donne la liberté de guérir un homme à la main atrophiée, scandalisant les religieux qui l’entourent. Leur manière de concevoir la religion peut conduire les humains à une véritable sclérose du bien. Elle devient alors instrumentalisée pour justifier le fait de ne pas accomplir ce qui est juste au moment où la situation commanderait d’agir. Pour Jésus, il est possible à tout instant de faire le bien. Le sabbat n’est pas le temps de l’inaction. C’est plutôt le temps de la reconnaissance et de la gratitude. Le septième jour, selon la Genèse, Dieu se reposa pour contempler la beauté des choses créées, et pour favoriser les liens de gratuité entre les humains. Il s’agit moins d’un interdit d’agir que d’une invitation à la contemplation qui n’exclut pas le bien qu’il importe de réaliser dans l’instant.
« Mais eux se taisaient ». Le véritable scandale n’est-il pas le silence des autres ? Quand est-il permis de faire le bien et quand est-il interdit de faire quoi que ce soit ? Si la religion impose l’omission d’agir à l’homme ou la femme qui veut faire le bien, elle ne réalise plus sa fonction libératrice. Elle devient un carcan et ne fait que démontrer qu’elle n’est plus connectée à l’esprit divin qui l’a inspirée.
Faire le bien, réintégrer une personne exclue, la ramener dans le cercle des humains ne devrait jamais être interdit « aujourd’hui » qui est « le jour de Dieu ».