Préjugé, quand tu nous tiens !
Il y a quelques années, dans le cadre d’un cours de missiologie, les autres étudiants et moi rendions visite un dimanche matin à une paroisse dans une ville où 45 % de la population vit de l’aide sociale. J’y allais un peu à reculons. Moi, l’intellectuel féru de théologie, passionné par les grandes questions, que peut-il sortir d’intéressant d’une ville pareille, me disais-je. Après la prédication de la pasteure, celle-ci demande aux fidèles de réagir. Ils prennent alors la parole et font entendre l’écho que les lectures bibliques et la prédication ont fait résonner en eux, à partir de leur vécu, de là où ils ont les pieds. Aucun d’eux n’est théologien patenté, même qu’il se trouve parmi eux beaucoup de gens « poqués de la vie ». Je les écoute, et à mon grand étonnement, je me rends compte qu’ils font de la théologie !
En revenant chez moi, dans ma prière, j’ai dit au Seigneur : « Tu m’as bien eu… Merci ! » C’est bien souvent au contact des gens différents de nous, qu’il s’agisse des pauvres, des étrangers, des « maganés », des petits, que nous sommes profondément évangélisés.