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Le verset du jour

 

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réflexion du 21 juin 2016
 

«  Je ne savais de toi que ce qu'on m'avait dit, mais maintenant, c'est de mes yeux que je t'ai vu.»  Job 42, 5

Après avoir tout perdu sans raison apparente et avoir crié à Dieu pour demander justice, Job découvre un Dieu inattendu. Dieu répond à son cri par un long discours détaillant la beauté du monde, la beauté de la vie. A l'image d'un Seigneur justicier, récompensant l'obéissance par une vie aisée, Dieu oppose l'image du Créateur, celui qui a tiré le monde du chaos et qui lutte jour après jour pour que la vie soit. Il invite Job à dépasser sa compréhension du malheur, pour se joindre à Lui dans cette lutte.

À la fin de l'histoire, Job est béni à nouveau par des richesses, des enfants et ses amis qui reviennent à lui.  On pourrait croire un instant que rien n'a changé. Et pourtant, peut-on ressortir indemne d'une telle confrontation avec le malheur? Je ne le crois pas. Job, au fond du fond de sa souffrance affirme que ses yeux ont vu Dieu. Et il s'humilie d'avoir auparavant restreint Dieu à un distributeur de bonheur. Ce qu'il a « vu » changera durablement son regard sur la vie.

On dit souvent que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Je ne crois pas que personne ne sorte plus fort des épreuves. En tout cas pas « plus fort » dans le sens où la société le comprend habituellement: plus solide, plus imprerméable à la douleur, moins vulnérable à la méchanceté ou l'indifférence. On en sort différent oui, mais pas plus fort. Différent par le regard nouveau que l'on pose sur la vie et/ou sur Dieu.

En ce qui me concerne (et de manière évidente), je peux affirmer que toutes ces choses qui ne m'ont pas tuées, ne m'ont pas rendue plus forte non plus! Au contraire, elles m'ont fragilisée et affaiblie. Mais c'est dans les failles qu'elles ont été déchirées au plus profond de moi que j'ai pu puiser à pleines mains cet amour qui m'habite et me construit. C'est là, au coeur de mon moi, fragile et faible que j'ai découvert le plus grand de mes trésors : cet amour que je peux donner encore et encore à tout va, à tous les vents; cet amour qui grandit au fur et à mesure qu'il est partagé, au point qu'il m'enveloppe et me guérit, qu'il me soutient et me fortifie. Je reste fragile et faible, mais ça n'a pas beaucoup d'importance au fond : ma richesse est ailleurs...

 

Natalie Henchoz, diacre

 

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 14 juin 2016