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Symbole biblique
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chronique du 10 février 2012

 

Le baiser de la passion et de la trahison

Le baiser de paix

Le baiser de paix entre Pierre et Paul
fresque du mont Athos

Dans les temps bibliques, embrasser quelqu’un se faisait de la même manière qu’aujourd’hui. Ce geste pouvait porter plusieurs sens. Lorsqu’on accueille quelqu’un, le baiser est un geste de respect et d’affection pour l’hôte (Gn 29,11). Il peut signifier la paix et la réconciliation (Gn 33,4), mais aussi indiquer la soumission à un supérieur (2 R 4,27). En revanche, un supérieur pouvait embrasser quelqu’un d’inférieur pour le rendre égal en dignité (1 S 10,1).

     On retrouve aussi une utilisation érotique des baisers dans la Bible. Le Cantique des cantiques commence avec ceci : « Qu’il m’embrasse à pleine bouche! » (Ct 1,2) Vous pouvez imaginer la suite… ou encore mieux, aller la lire!

     On va vers un sens plus symbolique lorsque les psaumes parlent d’un baiser entre deux concepts. La justice et la paix s’embrassent (Ps 85,11). Ceci suggère le côté inséparable de la justice et de la paix. Il ne peut y avoir de véritable paix sans justice et vice-versa. 

     L’Ancien Testament montre une connotation négative au baiser lorsqu’il est pratiqué à une statue. Ce geste signifie alors l’adoration d’une idole (idolâtrie) et marque une rupture avec la pratique religieuse exclusive demandée par YHWH, le Dieu d’Israël (Os 13,2).

     Dans les évangiles, c’est le baiser de Judas (Mc 14,44) qui retient l’attention. C’est le signe avec lequel il va désigner Jésus pour que les soldats puissent le reconnaître et l’arrêter. L’histoire ne dit pas de quelle sorte de baiser il s’agit, mais le choix de ce geste n’est pas insignifiant. Le contraste entre le baiser, un geste manifestant l’intimité entre deux personnes, et la mort violente qui va suivre marque l’horreur de la trahison d’un proche.

     Enfin, les premiers chrétiens avaient l’habitude de se saluer avec un « saint baiser » (Rm 16,16). Au IIe siècle, les écrits de Tertullien transmettent qu’on l’appelle alors le « baiser de paix ». C’est ce même geste qui est repris dans nos eucharisties contemporaines lorsqu’on prend un temps pour se donner un geste de paix. Malheureusement, ce geste est souvent escamoté ou remplacé par une poignée de main.

Sébastien Doane

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