(Stephen Chabala / Pexels)

La transmission de l’amour de la terre et des pauvres

Renaude GrégoireRenaude Grégoire | 13 mai 2024

Depuis plusieurs années, sinon quelques décennies, nous voyons de plus en plus les forces vives de notre Église du Québec déclinées. Cela ne touche pas seulement les paroisses et les diocèses, mais aussi les mouvements, les réseaux et les organisations de chrétien.ne.s engagés à faire la promotion de la place des femmes en Église, de la justice sociale, de la paix, de la défense des travailleurs et des jeunes ainsi que la protection de l’environnement. Les défis sont autant d’ordre financier que de transmission des réflexions et des actions pour un monde plus juste.

Ma question est la suivante : est-ce que le trésor de l’Évangile qu’est l’amour des personnes appauvries, exclus et marginalisées ainsi que l’engagement social pour un monde plus juste auront une place centrale dans nos regroupements et nos tentatives de renouveau?

J’ose reprendre un des textes de Paul les plus connus, celui de 1 Corinthiens 13, et ainsi offrir une actualisation à mettre dans notre sac d’une Église en marche.

J’aurai beau parler plusieurs langues, si je n’ai pas l’amour de la création et des plus pauvres des êtres humains, je suis comme un grain tombé sur un sol desséché…

J’aurai beau avoir des connaissances étendues sur le monde et beaucoup de science, si je n’ai pas l’amour de la création et des personnes exclues qui s’exprime dans des engagements à long terme, je suis comme une maison bâtie sur le sable que la tempête emporte…

J’aurai beau avoir de l’expertise pour escalader toutes les montagnes et faire de beaux discours, si je n’ai pas l’amour qui engage à mettre au centre la dignité de toutes personnes et à développer une culture de l’écologie intégrale, je suis comme une lumière qui s’éteint au moindre souffle…

J’aurai beau chercher à donner de mon temps et mes biens, si je n’ai pas l’amour de tous les êtres vivants, humains, animaux et plantes, de tout ce qui est créé, et si je n’ai pas le souci de transmettre le trésor de l’Évangile qu’est l’amour envers les Lazare, les femmes courbées et les malades d’aujourd’hui, je suis comme des épines qui étouffent ce qui veut pousser et croitre…

J’aurai beau envoyer des messages à tout l'univers, si je n’ai pas l’amour de la beauté du monde, de tout ce qui vit et de tous ses habitants, je suis comme un arbre qui ne porte pas de fruits…

L’amour prend la mesure de ce qui menace la terre et les plus pauvres…
L’amour écoute le cri de la terre et le cri des pauvres…
L’amour ne sépare pas le cri de la terre et le cri des pauvres…
L’amour passe par des petits gestes…
L’amour se met au service pour protéger la maison commune et les pauvres…
L’amour ne cherche pas son intérêt mais celui des exclus et des marginalisés…
L’amour ne se réjouit pas de l’injustice mais s’engage à trouver des solutions justes et durables…
L’amour voit, analyse et pousse à agir avec d’autres pour faire grandir la vie, la paix, l’inclusion sociale.

L’amour, comme l’écrit Paul, ne disparait jamais.

Renaude Grégoire est engagée dans des réseaux de justice sociale depuis une vingtaine d’années. Elle collabore à divers projets de justice sociale, de paix et de protection de l’environnement.

Hammourabi

Justice sociale

Les textes proposés provoquent et nous font réfléchir sur des enjeux sociaux à la lumière des Écritures. La chronique a été alimentée par Claude Lacaille pendant plusieurs années. Depuis 2017, les textes sont signés par une équipe de collaborateurs.