La pierre de Rosette
Dimensions : 112,3 x 75,7 x 28,4 cm
Poids : 762 kg
Matériaux : Granodiorite
Période : 2e siècle avant notre ère
Culture : dynastie lagide
Conservation : British Museum
Inventaire : EA6168La SEBQ possède une reproduction en résine
de taille réduite de la stèle.
Photos : © Hans Hillewaert et Champollion selon Léon Cogniet (Wikipédia)
La pierre de Rosette est un fragment de stèle gravé [1] qui a été trouvé en 1799 par les troupes de Napoléon lors de sa campagne égyptienne. Elle a rapidement été cédée aux Anglais en 1801 après la défaite des troupes françaises. Depuis 1802, le fragment de stèle est conservé et exposé au British Museum à Londres. L’artéfact est considéré comme l’une des pièces maîtresses du musée, malgré des demandes répétées depuis 2003 de restitution par l’Égypte.
Cette stèle a été la clé du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens par Jean-François Champollion en 1822. Maitrisant le grec, le linguiste a utilisé ce texte comme base de comparaison. Contrairement à ses prédécesseurs, il a compris que les hiéroglyphes n’étaient pas uniquement des symboles d’idées, mais un système mixte alliant phonétique et idéogrammes.Ptolémée et Cléopâtre, qui étaient entourés d’un anneau ovale appelé cartouche. En comparant ces noms avec ceux d’un autre artefact (pierre de Rosette et obélisque de Philae), il a pu isoler des signes phonétiques communs. Il a également émis l’hypothèse déterminante que le copte, une langue liturgique qu’il parlait couramment, était la forme moderne de l’égyptien ancien. Cela lui a permis de donner un sens aux mots une fois leurs sons déchiffrés. En résumé, il a percé le secret des hiéroglyphes en utilisant une approche comparative et linguistique novatrice.
L’inscription est un décret promulgué à Memphis par le pharaon Ptolémée V en 196 avant notre ère. La stèle a probablement été déplacée au début de l’ère chrétienne ou durant le Moyen Âge, et par la suite utilisée comme matériau de construction pour des fortifications dans la ville de Rosette, dans le delta du Nil.
Nous savons que la stèle a été exposée à l’origine dans un temple à cause des derniers mots inscrits. Le décret se termine par l’instruction selon laquelle une copie, écrite dans trois langages – la « langue des dieux » (hiéroglyphes), la « langue des documents » (démotique) et la « langue des Grecs » – devra être placée dans chaque temple.
Plusieurs objets portant des hiéroglyphes égyptiens, datant souvent de l’âge du Bronze et du Fer (lorsque l’ancienne Égypte dominait la région), ont été découverts en Terre Sainte : scarabées, amulettes, stèles, fragments de statues, vases et poids portant des cartouches royaux. Ces objets témoignent de la présence égyptienne à une époque où les pharaons contrôlaient ce territoire.
[1] Pour voir l’image d’une reconstitution possible de la stèle, voir cet article de Wikipédia.

