Menu

Chariot en terre cuite

chariot en terre cuite

Terre cuite (essieux : bois et métal)
Dimensions : 9,2 x 6,2 x 7,5 cm
Poids : 241 g
Datation : c. 2000-1500 AÈC
Culture syro-hittite
Inventaire #1255
(photo : Louis Lafleur)

Chariot ou fourgon couvert modelé à la main. Recouvert d’une bâche incisée de motifs circulaires, le chariot est monté sur les roues d’origine mais elles sont fixées avec du matériel contemporain. Cet artefact provient d’une longue tradition au Proche-Orient ancien où l’on fabriquait des figurines sur des thèmes inspirés de la religion et de la vie quotidienne.

Vase de Bronocice
Terre cuite
Dimensions : 10,3 x 14,8 cm
Datation : c. 3637–3373 AÈC
Musée archéologique de Cracovie
(photo © MAC)

Le chariot est une innovation majeure dans notre histoire commune. Son utilisation est d’abord connue en Eurasie, en Europe de l’Est et en Mésopotamie. On évalue son apparition à la fin du Néolithique, vers 3500-3000 avant l’ère chrétienne (AÈC).

Cette datation est basée sur le « vase de Bronocice », découvert en Pologne. Sur cette poterie datée entre 3635–3370 AÈC, on peut voir plusieurs chariots gravés d’une manière stylisée. Des tablettes d’argile de la même époque (vers 3300-3100 AÈC) trouvées à Uruk, en Irak, illustrent également des véhicules à quatre roues.

Les premiers chariots étaient munis de roues pleines et lourdes. Les innovations suivantes, comme les essieux directeurs (sur pivots), ont amélioré la maniabilité du véhicule. Les roues à rayons, apparues vers 2000 AÈC, plus légères et rapides, sont venues compléter l’évolution du chariot.

Au départ, ces véhicules étaient principalement destinés au transport de lourdes charges, de produits agricoles ou à des fins funéraires, tirés par des bœufs. Mais le modèle à deux roues, tiré par des chevaux, a permis d’en faire un véhicule militaire redoutable.

L’usage des modèles réduits en terre cuite, comme celui présenté ici, ne fait pas l’unanimité chez les chercheurs. Certains y voient des jouets pour enfants ou des maquettes utilisées par les fabricants de chariots. Le contexte archéologique de plusieurs découvertes nous oriente vers un autre usage. Plusieurs modèles ont été trouvés dans des tombes. Le chariot indique peut-être le rang social du défunt ou évoque, de manière symbolique, son dernier voyage. L’usage cultuel domestique est une autre possibilité : le chariot est fermé et on peut y placer une offrande à l’intérieur. S’il n’est pas possible de préciser davantage, on doit admettre que le chariot, grandeur nature, a grandement simplifié les transports et a probablement été perçu comme un don des dieux.

La fonction votive de l’objet rappelle un texte du livre des Nombres qui fait référence à la construction du sanctuaire du désert : une fois achevé, Moïse reçoit les chefs de chacune des tribus qui apportent des offrandes devant le Seigneur : « six chariots couverts et douze bœufs » remis aux lévites (Nombres 7). On peut aussi évoquer le récit qui raconte la prise de l’arche d’alliance par les Philistins et son retour sur le territoire israélite après une série de malédictions qui frappent les villes ennemies. L’arche est embarquée sur « un chariot neuf » accompagnée d’offrandes en or (1 Samuel 5-6).