« Car il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable; il faut que ce qui est mortel revête l'immortalité » (1 Co 15, 51-57).
Parler de la mort, ne va pas de soi aujourd’hui, et parler de la résurrection des morts est encore moins évident. La mort s’impose très vite à nous comme une réalité inéluctable : départ d’un proche parent, maladie qui interrompt la vie d’un plus jeune, stupide accident au détour d’un chemin… Une certitude s’impose à chacun : « un jour nous mourons ! » On peut fuir ou chercher à évacuer, par la quête de paradis artificiels, cette prise de conscience, elle finit toujours par revenir. Elle frappe indifféremment celles et ceux que nous côtoyons, petits et grands, jeunes ou vieux… Confronté à cette réalité depuis la nuit des temps, l’être humain s’est mis à enterrer ses morts, puis, imaginant une forme de survie après la mort, il ajoutera à la sépulture du défunt, suivant les cultures, différents éléments de nourriture ou autre, qui lui seront nécessaires dans l’au-delà.
Avec le christianisme, une autre forme de croyance se développe. Après la mort de Jésus en croix, un cri retentit sous différentes formes : « Christ est vivant ! Jésus le crucifiéest ressuscitéd’entre les morts ! »Ou encore : « Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a fait et Seigneur et Christ ! »Les disciples de Jésus font l’expérience de la rencontre avec le Ressuscité ou le Vivant et leurs vies en sont entièrement transformées. Ils savent désormais, de la certitude que donne la foi, que la mort n’est pas le dernier mot de tout et qu’en Jésus, mort et ressuscité, s’est manifestée la victoire de l‘amour sur la mort. Ils comprennent également que le destin de tout être humain peut s’inscrire dans la vie de Jésus.
Paul s’est fait le chantre de cette grande espérance : Si nous mourons avec lui (le Christ), avec lui nous règnerons. Autrement dit : la mort est un passage vers la vie en Dieu. Les termes ne sont pas faciles à comprendre. A des Corinthiens allergiques à cette idée, comme beaucoup de nos contemporains, il dit : « Il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable ; il faut que ce qui est mortel revête l’immortalité. » Et il rappelle avec force que « si le Christ n’est pas ressuscitéd’entre les morts, vaine est notre foi ! » Pour lui, la résurrection est une forme de naissance à une vie nouvelle. Cette vie-là, nous la connaîtrons lorsque nous aurons franchi la porte de la mort. Pour l’heure, nous sommes dans l’attente, confrontés à une existence pas toujours facile et parfois très douloureuse. C’est le temps de la germination. Nous osons croire que notre vie a un sens qui trouve son plein achèvement en Dieu. C’est la joyeuse espérance qui nous anime et nous fait vivre aujourd’hui encore sans désespérer de tout.