Durant ce temps de l’Avent dans lequel nous sommes, la liturgie nous fait entrer dans la longue attente du peuple d’Israël qui traverse une histoire très mouvementée, marquée par la corruption de ses dirigeants et les défaites militaires successives qui finiront par le conduire en exil. Réduit à néant, n’ayant plus rien à espérer du côté humain, il se tourne vers Dieu, en prenant conscience que son salut ne peut venir que de lui. La parole des prophètes prend dans ce contexte un relief particulier. Elle fait naître et grandir dans le coeur de ce petit peuple une espérance nouvelle que rien ne parviendra à éteindre : Dieu lui-même va venir le sauver. La figure du Messie prend de ce fait un relief saisissant dans la bouche d’Isaïe. L’Envoyé de Dieu qu’il entrevoit, viendra apporter la paix, la guérison et la délivrance. Qui est-il et quand viendra-t-il ? Nul ne peut le dire vraiment, mais tout le monde l’attend.
Quand Jean-Baptiste – la figure particulière de ce 2e dimanche de l’Avent – annonce sa venue imminente, il suscite une grande fièvre autour de lui. A ceux qui le pressent de questions pour savoir s’il n’est pas le messie attendu, il donne cette réponse : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »Après Isaïe et les autres prophètes, Jean le Baptiste annonce la venue et la présence de l’Envoyé divin dans le monde. Jean ne lui donne pour l’heure aucun nom précis; il sait qu’il est là, mais il faut le chercher, avoir un coeur ouvert pour être en mesure de le reconnaître. Sa parole est une invitation pressante à entrer dans cette démarche.
Sommes-nous prêt à le faire ou croyons-nous que notre salut ne peut venir que de nous-mêmes, de la Science, de nos dernières technologies et nos richesses ? L’envoyé divin ne s’impose pas par force, il désire être reconnu. Seuls les coeurs dépouillés de toute prétention, seront en mesure de reconnaître sa parole,