Après un temps de silence, un homme envoyé de Dieu vint comme témoin, préparant la venue du messie (la Lumière), son nom était Jean. Son ministère prophétique dans le désert va susciter toutes sortes d’interrogations. Est-il le prophète? C’est-à-dire celui qui avait été annoncé par Moïse (Dt 18,15) ? Est-il le Élie de la prophétie de Malachie (Ml 3,23) ? Ou serait-ce le Christ, le messie promis? À toutes ces questions Jean répond par la négative. Et quand on lui demande directement « qui es-tu ? que dis-tu de toi-même? », il répond d’une manière énigmatique en citant le prophète Isaïe : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur (cf. Is 40, 3) ». Jean le baptiseur ne met pas l’emphase sur lui-même, mais sur un autre qui vient derrière lui et dont il n’est pas digne de délier la courroie de sa sandale (Jn 1,27).
Ces prêtres et ces lévites qui le questionnent (Jn 1,19) ne savent ni qui il est ni qui est celui dont il parle : Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas (Jn 1,26).
L’évangile ne se contente pas de raconter ces évènements qui sont déroulés de l’autre côté du Jourdain. Il invite aussi le lecteur à dialoguer avec le texte et à se poser les mêmes questions identitaires. La réponse de Jean ne s’adresse donc pas seulement aux juifs qui le questionnent, mais aussi à chaque lecteur de l’Évangile. Il invite ainsi à prendre conscience du sens de la nativité qui ne peut être réduite à la seule venue de l’Emmanuel – Dieu au milieu de nous (Is 7,14). Il s’agit non seulement d’identifier celui qui se tient au milieu de nous, mais aussi de pouvoir répondre la question identitaire – c’est-à-dire qui il est – pour qu’il ne soit plus « celui que vous ne connaissez pas ».
Le connaissez-vous ?