INTERBIBLE
Au son de la cithare
célébrer la paroleintuitionspsaumespsaumespsaumes
off Nouveautés
off Cithare
off Source
off Découverte
off Écritures
off Carrefour
off Caravane
off Scriptorium
off Artisans

 

 
Le verset du jour

 

orant
Imprimer
réflexion du 10 mars 2015
 

« Frères et soeurs, alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes » (1 Co 1,22-23).

Avec ces deux versets de la 1ère lettre aux Corinthiens, Paul nous entraîne au coeur de la foi chrétienne et de son paradoxe. Pour lui, il ne fait aucun doute. Le Christ crucifié est le centre du message qu’il annonce et de la nouveauté chrétienne. En utilisant d’autres mots, on pourrait dire que Jésus le crucifié est le sommet de la révélation chrétienne, le point ultime du message que Dieu adresse à l’humanité en son Fils Jésus.

Paul est parfaitement conscient de marcher à contrecourant des idées reçues. Oser dire que Dieu révèle son visage sur la face du crucifié du Golgotha… Mais c’est absolument scandaleux pour les Juifs qui adorent Dieu dans sa toute-puissance créatrice et ne conçoivent pas qu’il puisse dépendre en quoi que ce soit de sa créature. C’est absolument déraisonnable pour des Grecs formés à une philosophie qui pense la divinité en terme de pur esprit libéré de tous les aléas de l’histoire et de la matière. Un Dieu souffrant, victime de bourreaux qui le clouent sur une croix comme un vulgaire esclave ou malfaiteur… Qui peut le croire quand on le nomme le Très-Haut ou le Tout-Puissant ? L’image du crucifié est plutôt le symbole du très-bas, et de la défaite complète face à la violence… Et Paul insiste au verset suivant comme pour être sûr d’être bien compris : v. 24 Mais pour ceux que Dieu appelle, quils soient juifs ou grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.  Comment comprendre ces mots ?

Si l’on veut bien écouter l’ensemble de la Bible et les évangiles en particulier, Dieu est rarement là où l’on croit devoir le mettre. Tous attendaient un Messie chef de guerre, un homme de pouvoir qui allait s’imposer par la force aux ennemis du peuple d’Israël. Parmi les disciples, certains en son restés au rêve d’un Messie puissant, capable de s’imposer par la force. Lorsque Jésus prévient que son chemin devra passer par la souffrance et la mort, beaucoup le quittent, ne supportant pas cette idée, ni l’amour de prédilection de leur maître manifeste pour les pauvres, les petits, les sans-grade. Alors, face à Pilate qui leur demande de choisir entre Jésus et Barabbas, beaucoup de ceux qui étaient enthousiastes au début, expriment leur dépit ou leur colère en réclamant la grâce pour le violent. Ils avaient espéré qu’il utiliserait sa puissance pour rétablir l’ancien royaume de David. Il ne l’a pas fait, il n’a que ce qu’il mérite…

Non ! Jésus a choisi la croix comme seul chemin qui puisse manifester sa puissance. Son amour est pour tous et sans condition et sa confiance en Dieu son Père, totale. Il pardonne à ceux qui le tuent et, au coeur de la déréliction la plus totale, il s’en remet à lui : Père, en tes mains je remets mon esprit ! La croix signe la victoire de l’amour sur la violence et la résurrection celle de la vie sur la mort. Christ est vainqueur ! Tel est le cri du matin de Pâque, tel est le cri que chacune et chacun de nous peut continuer à faire retentir au coeur du monde d’aujourd’hui ! Mais une question se pose à nous : En sommes-nous bien convaincus ?

 

Roland Bugnon, CSSP

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 3 mars 2015