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« Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture; puis il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture » (Jean 13, 3-5).
Chaque année, le Jeudi saint, nous lisons ce récit de l’Évangile selon saint Jean. La liturgie du Jeudi saint prévoit d’ailleurs la possibilité de vivre le rite du lavement des pieds. Il faut bien l’admettre : peu de gens sont parfaitement à l’aise avec ce geste. « Ça ne fait pas partie de notre culture », disons-nous parfois. Mais ce n’était pas davantage dans les mœurs de l’époque que celui considéré comme le Maître s’agenouille devant les convives pour leur laver les pieds! Il lui fallait de l’audace et, surtout, un ardent désir de faire comprendre quelque chose d’essentiel à ses disciples : la place primordiale du service mutuel dans la pratique de la foi chrétienne. Les autres évangélistes ne mentionnent pas le lavement des pieds. Ils racontent plutôt la fraction du pain et le partage du vin. C’est ce que l’Église a retenu comme démarche sacramentelle. Et pourquoi pas le lavement des pieds? Après tout, il est survenu dans le même contexte et Jésus a aussi demandé à ses disciples de le reprendre. Un auteur dont le nom m’échappe a suggéré que c’était parce que le lavement des pieds est apparu, pour ainsi dire, comme un geste trop fort, trop radical. Un tel abaissement, une telle humilité aurait dépassé l’entendement. Mais au fait, combien de personnes – vous en connaissez peut-être – lavent des pieds dans le cadre de leur emploi ou de leur engagement auprès d’un membre de leur famille. Elles le font pour des hommes et des femmes qui n’ont pas ou n’ont plus la capacité motrice leur permettant de voir à leurs soins de base. Ça fait donc finalement plus partie « de notre culture » que nous le pourrions le croire.

Réflexion précédente :
Réflexion du 24 mars 2015
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