« Jésus leur dit : "Venez déjeuner." Aucun des disciples n'osait lui poser la question "Qui es-tu ?" : ils savaient bien que c'était le Seigneur. Alors Jésus vient; il prend le pain et leur donne; il fit de même avec le poisson » Jean 21, 12-13.
Le Christ est ressuscité ! Les disciples le savent, ils l'ont vu déjà deux fois : une première fois dans la chambre haute, mais sans Thomas, et une deuxième où ce dernier a pu placer ses doigts dans les plaies de Jésus. Le Christ est ressuscité… mais les disciples ne savent pas vraiment quoi faire de cette nouvelle. Si encore, le Christ s'était révélé dans toute sa gloire et sa lumière, tout serait simple; mais ses apparitions sont surtout celle d'un homme, qui a souffert comme un homme. Rien a changer au fond, si ce n'est que, bien que ressuscité, le maître n'est plus vraiment là au jour le jour. Un peu perdu, un peu désœuvrés, quelques disciples retournent à leurs activités habituelles, celles d'avant la rencontre avec le Seigneur. Mais là non plus, ça ne marche pas vraiment comme ils l'espéraient, puisqu'ils rentrent bredouillent de leur pêche.
Et il est là, au bord du lac, qui les attend. Il a préparé un feu, des poissons et du pain cuisent déjà. Quand il interpelle les pêcheurs, c'est le « disciple que Jésus aimait » qui le reconnaît en premier. Comme si l'amour reçu donnait l'impulsion à la reconnaissance : Jésus m'aime, donc je peux le « sentir » vivant, présent, dans mon cœur et mon esprit; je peux le reconnaître.
Quand les hommes se retrouvent tous sur la plage, avec le produit de ce qu'ils auront finalement pêché (grâce aux conseils de Jésus), ils « savent » tous qui est là, à la manière d'une intuition qui se fait certitude : pas besoin de demander, c'est bien Lui ! Le texte alors nous fait ce magnifique cadeau : «… ils savaient bien que c'était le Seigneur. Alors Jésus vient…». Comme s'il n'avait pas été là depuis le début de l'histoire! Jésus se révèle à ceux qui le reconnaissent par l'amour qu'ils reçoivent de lui. Et ils mangent ensemble, ébauche d'eucharistie dans la joie des retrouvailles. Présence divine au cœur d'un quotidien désenchanté et qui le transforme… au nom du Christ Glorieux!