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Le verset du jour

 

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réflexion du 21 avril 2015
 
« Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. « Saisis de frayeur et de crainte, les disciples croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi »…Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures » (Jn 20, 19-31).

Si l’existence historique de Jésus de Nazareth ne pose généralement pas de problèmes à la majorité de nos contemporains, il en va tout autrement de l’affirmation des disciples qui proclament à tous, sa résurrection d’entre les morts. Cette question-là suscite plus d’hésitation; on ne perçoit pas bien ce dont il s’agit. En relisant le texte évangélique de cette semaine, on voit bien que c’est déjà le problème des premiers disciples. Ils ont entendu le récit des femmes et de certains d’entre eux, ils restent hésitants, calfeutrés derrière une porte fermée à double tour; ils vivent dans la peur et ce qu’ils viennent d’entendre les laisse dans l’expectative. Pour entrer dans la foi en la résurrection de Jésus le crucifié, il faut faire l’expérience d’une rencontre personnelle avec lui, suffisamment forte pour que soient balayées les dernières craintes et angoisses qui paralysent. « La paix soit avec vous ! » Ce sont les premières paroles du Ressuscité, des paroles sans l’ombre d’un reproche, qui apaisent celui ou celle qui les entend et le comble d’une joie telle qu’il peut dire à son tour : « Cest vrai ! Christ est vivant ! ».

Personne ne va comprendre  exactement ce qui s’est passé, ni fournir la moindre preuve de la résurrection effective de Jésus. Seul est visible le changement qui s’opère dans le coeur de ces disciples craintifs. Dans la rencontre qu’ils font avec le Ressuscité, une puissance de vie ou un dynamisme intérieur les transforme de fond en combles. Et ceux qui se cachaient « par peur des Juifs » sortent désormais en plein jour et parlent ouvertement. Ils sont passés, eux aussi, d’une forme de mort à une vie entièrement transformée qui fait de ces hommes sans éducation, ni capacité intellectuelle particulières, les premiers témoins de Jésus. Ils le proclament vivant, parce qu’ils vivent de sa présence nouvelle en eux, parce qu’ils se découvrent animés par la puissance de son esprit de force, d’intelligence et de paix. Tous pourraient dire, comme saint Paul : « Ce nest plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi ! »

Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui ! Inutile de chercher à prouver ou à démontrer scientifiquement la réalité de la résurrection de Jésus. On ne peut qu’en montrer la réalité dans l’ensemble de sa vie. Je pense souvent à une phrase du philosophe allemand Nietzsche parlant des chrétiens de son époque. Je la cite de mémoire : « Il faudrait que les chrétiens aient un peu plus lair de ressuscités, pour que je croie en la résurrection. » C’est une évidence qui concerne l’ensemble de l’évangile. Si l’Église ne fait pas apparaître, dans les formes de vie qu’elle adopte, l’évangile du Christ, elle perd toute crédibilité et ses paroles ne sont que des mots sans consistance. Puissions-nous, les uns les autres nous souvenir de cela et montrer dans nos vies de tous les jours que : « Vraiment, Christ est vivant ! »

 

Roland Bugnon, CSSP

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 14 avril 2015