« Mais si quelqu’un, même nous ou un ange du ciel, vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème » (Ga 1,8).
Dans la lettre aux Galates Paul utilise une formule étonnante : l’anathème. C’est-à-dire l’exclusion de la communauté. Il adresse ces paroles fortes dans le contexte d’un problème avec les chrétiens d’origines juives qui tentaient d’imposer la circoncision, ainsi que les pratiques alimentaires et cultuelles juives aux chrétiens qui n’étaient pas juifs d’origine.
L’histoire nous a habitués aux anathèmes et aux excommunications d’une Église centralisant qui veut exclure les hérétiques. Pourtant ici, on a le contraire. Paul défend une vision plurielle de l’Église où il y aurait de la place pour des chrétiens vivants différemment leur foi. Il écrit pour des communautés chrétiennes gréco-romaines qui semblent périphériques par rapport aux communautés chrétiennes de la Palestine. Pour Paul, ce sont ceux qui veulent imposer une uniformisation de l’Église qui doivent être anathèmes, exclus.
2000 ans plus tard, nous avons encore la tentation de vouloir uniformiser l’Église. Est-ce que la diversité est une richesse ou une menace? Quelle attitude voulons-nous privilégier comme Église?