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Le verset du jour

 

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réflexion du 20 octobre 2015
 

« Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur »  (voir Mc 10,35-45).

J’écoute la demande de Jacques et Jean à Jésus : Donne-nous de siéger, lun àta droite et lautre àta gauche, dans ta gloire. Je suis obligé de sourire chaque fois que je la relis, parce qu’elle reflète bien malgré elle toutes les ambitions qui peuvent s’accumuler dans un cœur humain. Etre le plus grand, le plus fort, le plus ambitieux, le plus richeMême sous le couvert d’un engagement religieux, très louable en soi, se cachent des rêves de grandeur et d’ambition très humains. Et les réactions des autres disciples montrent que tous possèdent la même ambition secrète. Dans l’avènement du royaume que Jésus ne cesse d’annoncer, ils espèrent leur part du gâteau.

La mise au point de Jésus a certainement dû les bousculer profondément : « Vous le savez : ceux que lon regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. » J’imagine le chamboulement de perspective dans leur esprit. La grandeur dont ils rêvent est à l’image de celles des grands de ce monde et s’exprime par l’étalage de la force, des richesses et la manifestation visible du pouvoir sur un territoire et les populations assujetties…. Mais voilà que d’une chiquenaude, Jésus met à bas les prétentions humaines les plus fortes et les rêves les plus secrets. Bien plus, il retourne totalement l’idée de grandeur : Parmi vous il ne doit pas en être ainsi ! Celui d’entre  vous qui veut devenir grand sera votre serviteur. Et pour être sûr d’être bien compris, il utilise, dans la phrase suivante, le mot « esclave ». Disons d’emblée que notre société et son « star-système » en prennent un coup. Les rois et les reines qui illustrent les pages d’une certaine presse  populaire se trouvent « dépossédés de leurs trônes et les plus humbles sont exaltés ». Nous sommes en plein dans le Magnificat de Marie…

Comment comprendre ces paroles? L’accusation du « misérabilisme chrétien » si souvent dénoncé par les psychiatres de notre temps serait-elle fondée? Pour comprendre la portée de ces mots, il faut les entendre au plus près de leur signification. Jésus oppose deux ambitions humaines. La première s’exprime dans le désir de domination et passe par l’asservissement de l’autre pour l’exaltation d’ambitions personnelles. Il suffit de regarder autour de soi, pour voir cette réalité à l’œuvre, aujourd’hui encore, qui fait d’une personne le centre de tout. De son côté, Jésus parle d’une autre manière de vivre; elle passe par un décentrement de soi qui a pour nom « le service d’autrui ». L’amour vrai et authentique, selon Jésus, passe par là. Cet amour n’est pas mainmise sur l’autre, mais gratuité du don, disponibilité. En sommes-nous conscients? L’ambition qui habite en nous garde toute sa légitimité, mais dans une perspective différente. Elle ouvre sur autrui au lieu d’enfermer l’individu dans un ego monstrueux. Elle trouve alors toute sa fécondité, celle que Jésus propose à ses disciples.

Quen pensez-vous? Est-ce une perspective naïve, irréaliste dans un monde oùil faut se battre pour survivre? Je crois personnellement que, si lon veut rendre le monde plus habitable, les valeurs prônée par Jésus gardent toute leur légitimité.

 

Roland Bugnon, CSSP

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 13 octobre 2015