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Le verset du jour

 

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réflexion du 24 novembre 2015
 
« Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »

 

Étrange situation que celle de Jésus présenté enchaîné et sans défenses devant un Pilate qui lui demande s’il est « roi ». Le représentant officiel de la toute-puissance de l’empire romain face à un prisonnier maltraité et impuissant auquel il demande de s’expliquer sur son hypothétique royauté. Et la situation est encore plus paradoxale lorsqu’on entend la réponse de Jésus : « Ma royauté n’est pas de ce monde… ma royauté n’est pas d’ici. » Alors qu’il n’a cessé de refuser les titres de Messie de Dieu que ses disciples cherchaient à lui donner, voilà qu’il semble accepter ce titre de roi dont Pilate cherche à l’affubler pour mieux pouvoir le condamner. Comment comprendre ce revirement apparent ? Peut-être que, dans sa situation de condamné, ce titre ne risque plus de semer la confusion dans l’esprit de ceux et celles qui se sont posé de nombreuses questions à son sujet… Alors que certains n’y comprennent plus rien, d’autres jubilent, Le cas Jésus de Nazareth est désormais réglé…

La réponse de Jésus ouvre de multiples champs de réflexion. Que peut bien être une royauté qui n’est pas de ce monde ? Il s’agit certainement d’une royauté qui n’a rien de commun avec les royautés terrestres qui s’exercent dans le faste des palais et du mode de vie, soutenues par la puissance des armes et de l’argent. Que serait une royauté autre ? Pour comprendre celle qu’accepte Jésus, il faut garder à l’esprit deux images qui encadrent l’ensemble de sa vie : la mangeoire de la crèche et le bois de sa croix sur laquelle tout s’achève et qui ouvre un chemin de vie pour toutes celles et toux ceux qui osent croire à la toute-puissance de l’amour donné gratuitement, quel qu’en soit le prix.

Au terme d’une année liturgique, l’Église propose la célébration du Christ-Roi. Il ne s’agit pas de laisser libre cours à des rêves de reconquête ou de revanche sur un monde qui s’est distancié d’elle. mais bien plutôt de se demander si nous sommes prêts à vivre dans et de ce royaume dans lequel l’amour est la seule loi qui organise la vie et la seule réponse à ceux et celles qui n’y croient pas et préfèrent les avantages que procurent les royautés terrestres.

Disposé(e) à vivre dans ce royaume-là ? …

 

Roland Bugnon, CSSP

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 17 novembre 2015