Merveilleuse rencontre entre deux femmes, qui voit Marie et Elisabeth vivre un moment de grâce et de joie indicibles. Il a fallu très peu de chose à Elisabeth, une inflexion de voix nouvelle de la salutation, une attitude particulière, pour qu’elle comprenne intuitivement que Marie vient de vivre quelque chose de particulièrement grand et qu’elle attend, elle aussi un enfant dont le destin ouvre des perspectives radicalement nouvelles. Une parole prophétique jaillit de son coeur et résume en quelques mots la portée de l’événement vécu par Marie à Nazareth. Les expressions qu’elle utilise et leur solennité expriment le sens de l’événement, Marie est « celle qui est bénie entre toutes les femmes »: Elisabeth lui donne un autre titre : « la mère de mon Seigneur ». Au terme de son intervention, elle ajoute : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Toute la personnalité de Marie est résumée dans ces paroles et dès le début de son texte, l’évangéliste fait d’elle le modèle ou la figure de l’Eglise. C’est bien le sens de ces mots : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles… »,. La gloire de Marie est là. Après l’Annonciation de l’ange, elle ne se morfond pas dans son coin en se demandant ce qu’elle pourra dire à Joseph. Elle s’en remet à Dieu, elle fait confiance, acte de foi par excellence, et part, sans plus, se mettre à disposition d’Elisabeth sa cousine. Ce faisant, Marie apporte avec elle son fils Jésus encore en gestation, , en qui vont s’accomplir les promesses faites par Dieu dans la bouche des prophètes. En elle et par elle le seul Seigneur et Sauveur des hommes est déjà à l’oeuvre.
Comme l’a dit le concile de Vatican II, Marie est par excellence la figure de l’Eglise ou, dit autrement, la figure de la croyante et la disciple de Jésus. Sa vie n’aura rien d’un chemin de facilité. Elle devra affronter les épreuves, verra ce fils qu’elle aime tendrement rejeté par les siens et crucifié. Jusqu’au terme de son parcours, elle restera debout dans la foi et la joie qu’elle porte en elle et qui anime tout ce qu’elle fait.
Voilà bien quelque chose qui peut inspirer aujourd’hui les disciples que nous cherchons à être ou à devenir ! « Porter Jésus au monde », c’est bien la vocation à laquelle tout chrétien est appelé. En sommes-nous bien conscient ?