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« Joseph se leva; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode ». (Matthieu 2, 14, lecture évangélique du lundi 28 décembre).
Chaque année, le récit du massacre des enfants de Bethléem arrive un peu en rabat-joie, tout juste après la fête de Noël. Pourquoi un épisode d’une telle cruauté en cette période de réjouissance? Bien sûr, il se situe dans le contexte de la venue au monde de Jésus, raison d’être de Noël et de l’inquiétude du roi Hérode qui l’a amené à ordonner la mise à mort de tous les nouveaux-nés des alentours de Bethléem. Mais au-delà de ces raisons assez évidentes, ce récit est aussi porteur d’un message d’une grande richesse. Lorsque l’ange avertit Joseph de fuir en Égypte, c’est Dieu lui-même qui confie son Fils à la protection d’un être humain. Apparaît alors toute la responsabilité du père adoptif de Jésus : le sort de cet enfant hors du commun repose entre ses mains. Aucun phénomène extranaturel, aucune force paranormale n’intervient pour éviter au Fils de Dieu de périr aux mains des soldats d’Hérode : un simple travailleur manuel va s’en charger. Bien sûr, Joseph a bénéficié d’un songe peu ordinaire, mais il a néanmoins conservé toute sa liberté; l’ange ne lui a pas forcé la main. Du même coup, cet épisode révèle toute la vulnérabilité à laquelle Dieu a consenti en prenant notre condition humaine. N’est-ce pas l’essentiel de la fête de Noël qui s’expose ici en pleine lumière?

Réflexion précédente :
Réflexion du 22 décembre 2015
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