Tous les jours, dans notre monde, on tue au nom de Dieu.
Parfois, quand c’est plus près de nous géographiquement et culturellement, comme les massacres de Paris en janvier et en novembre 2015, les médias en parlent abondamment. Mais quand c’est loin de nous, au Moyen-Orient, par exemple, un attentat sera passé sous silence ou ne méritera qu’un entrefilet. Peut-être parce qu’on croit que 60 morts dans un attentat en Irak, c’est normal en ces contrées, que ça fait partie du quotidien, et qu’il n’y a donc pas lieu d’en faire une nouvelle ?
Demain, le 6 janvier, le journal satirique Charlie Hebdo publiera un numéro spécial un an après la tragédie dont ses artisans ont été victimes. En couverture : Dieu armé et maculé de sang avec le titre : L’assassin court toujours.
On peut comprendre une telle réaction. Ceux qui tuent au nom de Dieu donnent raison aux tenants du discours selon lequel les religions sont meurtrières. Mais nous savons que ce sont les hommes qui tuent, des hommes qui se réclament de Dieu, oui, mais pas Dieu !
Partout dans le monde, des imams et des dignitaires musulmans ont émis des fatwas contre le groupe État islamique à la suite de la tuerie du 13 novembre. Récemment, le pape François a répété avec vigueur que tuer au nom de Dieu est un blasphème.
Rien n’est plus contraire à Dieu que la violence.
Parfois, j’en suis à me demander si les humains sont assez matures pour connaître Dieu, vu les horreurs qu’ils ont commises et continuent de commettre en son nom. Si Dieu n’aurait pas mieux fait de ne point se révéler, compte tenu de ce que nous avons fait et faisons toujours en son nom.