« Tous, unanimes, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie la mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. » (Actes des Apôtres 1, 14)
Dix jours! de l'Ascension de Jésus au ciel jusqu'au don du Saint Esprit à la Pentecôte, dix jours s'écoulent. Les apôtres ont tout de suite pris l'habitude de se retrouver à Jérusalem. Jésus le leur avait recommandé : « Ne vous éloignez pas de Jérusalem ». Il leur a aussi promis une puissance, le baptême du Saint Esprit, mais sans trop leur dire quand cela arriverait. Alors les disciples attendent, tendus entre l'espérance de l'imminence d'un événement exceptionnel et la tension de l'incertitude.
Le temps de l'attente n'est jamais agréable : ce temps entre l'examen scolaire et le résultat d'échec ou de réussite, entre les analyses et l'annonce du diagnostic, entre l'entretien d'embauche et la réponse définitive d'un éventuel employeur… La liste de ces situations est longue. Une certitude, même désagréable, est toujours meilleure que ces moments « où l'on ne sait pas » ce qui nous attend. Impossible de se projeter dans l'avenir, impossible de se rassurer avec le passé, puisque justement tout peut changer; inutile de se projeter dans le pire, mais tout autant illusoire de se projeter dans le meilleur.
Durant ces dix jours, les apôtres, au nombre de onze (l'auteur des Actes les nommes pour être bien sûr d'en oublier aucun) choisissent de se préparer au mieux à ce qui arrivera. Et pour eux, « au mieux » rime avec « tous, unanimes » et « prière ». Ensembles, ils décident sous l'impulsion du discours inspiré de Pierre, de s'adjoindre un douzième apôtre qui remplacera Juda. Ensembles, ils recevront le don de l'Esprit Saint à Pentecôte. Ensemble, ils se lanceront dans la formidable aventure de l'annonce de l'Evangile, avec la conséquence que l'on connaît : la naissance de l'Eglise.
Les temps d'attente sont souvent propices à l'angoisse : il est difficile de résister au besoin d'imaginer ce qui pourrait arriver de pire. Mais la peur n'est jamais constructive : elle ne nous permet pas de nous préparer "au mieux" à ce qui nous attend ! Par contre, mettre nos forces en commun pour se préparer (avec nos proches ou ceux qui attendent les résultats avec nous) et se recueillir dans la prière sont deux manières de "faire passer le temps" de manière constructive et sereine, afin d'être prêt à accueillir l'avenir, aussi surprenant et remuant soit-il.