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« Je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t’ai imposé les mains. Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison » (2 Timothée 1, 6-7, première lecture du mercredi 1er juin).
Ces mots sont parmi les premiers de Paul dans sa seconde lettre à Timothée; ils vont donner le ton à l’ensemble de cet écrit. Le don qu’il évoque et que son disciple a reçu, c’est celui de l’Esprit. Paul commence par indiquer ce que cet esprit n’est pas : «un esprit de peur». Mais de quel type de peur s’agit-il ici? Peut-être bien la peur devant l’adversité. Rappelons qu’à l’époque, les communautés chrétiennes vivent sous la menace constante de tracasseries, quand ce n’est pas carrément de persécution. La crainte devant ces éventualités pourrait amener Timothée à quitter le bateau, à délaisser ses responsabilités de guide au sein de l’Église et même à renier sa foi au Christ. Paul veut lui éviter à tout prix, car il est convaincu que le jeu en vaut la chandelle. Mais est-ce vraiment de cette peur dont l’apôtre parle? Il pourrait aussi s’agir de la peur face à Dieu : peur de son jugement, de ses châtiments, etc. Une part des Écritures de la tradition judéo-chrétienne donne en effet cette image d’un Dieu sévère, qui punit. Paul s’emploierait alors à rappeler à Timothée que là n’est pas l’essentiel de la révélation. Le vent de la Pentecôte souffle dans une autre direction. C’est «un esprit de force, d’amour et de raison». Habités de ces trois vertus, la peur n’a plus lieu d’être, effectivement.

Réflexion précédente :
Réflexion du 24 mai 2016
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